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Belgique -Voici comment Maggie De Block va remettre les invalides au travail...

le Mar Mai 10 2016, 14:29





Publié le 10 mai 2016 à 06h49 , mis à jour à 07h56 | 6188 |

L'Etat dépense autant pour les invalides que pour les chômeurs et les prépensionnés: voici comment Maggie De Block va remettre les malades au travail
Face à l'explosion des invalides en Belgique depuis 10 ans, qui coûtent cher à l'Etat belge, la ministre de la Santé a prévu de passer au système norvégien pour en remettre le plus possible au travail. Un questionnaire -auquel il vaut mieux ne pas mentir sur son état de santé- puis une proposition de remise au travail dans un job adapté à sa pathologie. Voici les détails développés par le journal l'Echo ce matin.

La Belgique comptait quelque 370.400 invalides, donc des malades de longue durée, fin 2014, soit une augmentation de 64% en 10 ans, ressort-il des chiffres de l'Institut National d'Assurance maladie-invalidité (Inami) que L'Echo publie ce mardi. Entre 2014 et 2015, le nombre de malades a augmenté de 8%, contre 5 à 6% habituellement.


Surtout des employés en dépression

L'Inami explique cette augmentation par la hausse du nombre de pathologies d'ordre psychique, comme les dépressions et le burn-out, et par l'allongement de la durée de carrière. En effet, c’est la tranche d'âge 50-60 ans qui la plus touchée. La grosse majorité des malades de longue durée sont des salariés (347.000), le nombre d'indépendants malade depuis plus d'un an s'établissant à 23.500.


Trop cher pour l'Etat

L'année passée, pas moins de 5 milliards d'euros ont été versés en allocations dans ce cadre. On est donc presqu’au même niveau que le montant versé aux chômeurs et aux prépensionnés ! Pour contrer ce phénomène qui inquiète le gouvernement en raison de ce coût faramineux, la ministre de la Santé publique Maggie De Block a décidé de lancer une procédure de suivi des malades via questionnaire qui évaluera l'aptitude du malade à reprendre une activité, inspirée d'un système norvégien.


Poussés à accepter un travail adapté

La différence avec le système actuel ? Le fait de se voir proposer un autre travail que celui qu’on faisait. En effet, en fonction des réponses à ce questionnaire et d’un contrôle par un médecin, le travailleur en invalidité se verra proposer un travail adapté à sa pathologie. Maggie De Block l’assure : les personnes totalement inaptes au travail ne seront pas inquiétées. Attention: le gouvernement appliquera des sanctions en cas de fraude si les économies réalisées n’atteignent pas les objectifs fixés. Auquel cas, les entreprises devront aussi participer plus qu’aujourd’hui au paiement des allocations d’invalidité de leurs employés malades.

Cette mesure devrait passer cet été.
Source :

Remettre au travail des personnes en incapacité: le piège de Maggie De Block :

http://www.lalibre.be/debats/opinions/remettre-au-travail-des-personnes-en-incapacite-le-piege-de-maggie-de-block-5623967a35700fb92fcfe7c2

Trop d'invalides, malades de notre société :


https://www.mc.be/actualite/opinions/2012/invalides.jsp

Centre d’expertise en matière d’incapacité de travail:

http://www.inami.fgov.be/fr/themes/incapacite-travail/Pages/Centre-d%E2%80%99expertise.aspx#.VzHvoL7dJHY

Maggie De Block souhaite remettre les malades de longue durée au travail:

http://www.levif.be/actualite/belgique/maggie-de-block-souhaite-remettre-les-malades-de-longue-duree-au-travail/article-normal-366687.html
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Re: Belgique -Voici comment Maggie De Block va remettre les invalides au travail...

le Ven Oct 06 2017, 09:14

Réintégration des malades de longue durée: critique de l'arrêté royal attendu

Dans un article particulièrement intéressant paru dans Knack, Peter Mertens (PVDA) se montre très critique à l’égard du projet d’AR relatif à la réintégration des malades de longue durée. « Ce sont toujours les mêmes qui sont visés » affirme Peter Mertens. La ministre Maggie de Block a préparé un AR visant à « presser » les malades de longue durée, voire presque à les « forcer à reprendre le travail ». S’ils ne se montrent pas coopérants, ils perdent 10% de leur indemnité de maladie.D’un autre côté, cela fait huit ans que nous attendons des arrêtés d’exécution qui obligeraient les employeurs à fournir un travail adapté.
L’effet Ford : continuer à travailler tout en étant malade
Depuis la crise de 2008, on observe une baisse du nombre d'incapacités de travail de courte durée. Cela s’explique en grande partie par l'augmentation du « présentéisme » : les personnes vont travailler alors qu'elles sont  malades. Une étude de 2012 révèle que pas moins de 71% des travailleurs qui tombent malades continuent à travailler au moins une journée. Les raisons en sont, entre autres, l'augmentation du nombre de travailleurs sous contrat temporaire (les travailleurs n’osent pas s’absenter de peur que leur contrat ne soit pas renouvelé), l’augmentation de la pression de travail (les travailleurs vont travailler même s’ils sont malades parce qu’ils veulent éviter à leurs collègues d’être encore davantage surchargés de travail) et, surtout, l'insécurité d'emploi croissante.
 
L'étude de Securex appelle cela « l'effet Ford » : « En 2003, Ford Genk a instauré une liste de points de  pénalité sur des critères tels que l'absence pour maladie dans le but de procéder à une restructuration. A l'époque déjà, il avait été avancé que les travailleurs  qui étaient toujours employés par Ford Genk allaient travailler tout en étant malades, par crainte de se retrouver sur la liste des points de pénalité. »
 
Et pourtant,  malgré les efforts de ces milliers de travailleurs, parfois au dépens de leur santé et de leur famille, Ford a tout de même fermé ses portes.
Burn-out et stress = la pneumoconiose du 21e siècle
Les études menées par Securex en 2012 et 2013 révèlent également une augmentation exponentielle du nombre de malades de longue durée ou en invalidité, c'est-à-dire en incapacité de travail de plus d'un an. Il y a donc moins d’absences de courte durée et beaucoup plus d’absences de longue durée. Cette augmentation concerne surtout les travailleurs plus âgés. C'est une conséquence de l'obligation de travailler plus longtemps, surtout pour les ouvriers et les femmes. La deuxième raison de cette forte hausse du nombre de malades de longue durée est l'augmentation du stress chronique au travail et de la pression de celui-ci. Ainsi, les travailleurs plus âgés ne sont généralement plus remplacés lorsqu'ils tombent malades ou partent à la retraite, ce qui augmente évidemment la pression de travail.

L'enquête nationale de santé effectuée tous les cinq ans révèle également dans sa dernière étude de 2013 que la problématique psychique a augmenté de manière exponentielle depuis le début de la crise en 2008. Le burn-out et le stress sont la pneumoconiose du 21e siècle.

L'AR De Block n'apporte pas la moindre réponse aux causes de l'augmentation du nombre de malades de longue durée. Au contraire, le gouvernement oblige les travailleurs à travailler de plus en plus longtemps. Par ailleurs, on assiste à une dérégulation plus poussée du marché du travail. On en arrive à pratiquer le victim blaming : les malades de longue durée sont tenus pour responsables de leur maladie. Et dans ce cas, la solution est simple : il suffit de les bousculer, de les activer et de les forcer à réintégrer le marché de l’emploi.
Réintégration ?
Depuis plus de vingt ans déjà, il est possible de réintégrer les patients par le biais d’un travail adapté. Mais cette réintégration ne fonctionne pas. Il serait plus logique d’évaluer pourquoi cela n'a pas fonctionné avant d’élaborer un nouvel AR prévoyant des sanctions particulièrement lourdes. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la ministre de la santé n’a pas procédé à cette évaluation. Selon le Conseil supérieur national des personnes handicapées (CSNPH), la réintégration actuelle ne fonctionne pas parce que les employeurs ne peuvent pas ou ne veulent pas proposer de travail adapté et parce qu’ils exigent de leurs travailleurs qu’ils soient guéris à 100% (120%, dit même le CNSPH) avant de revenir travailler.

Depuis 2007 déjà, la loi oblige les employeurs, en cas de réintégration, à fournir au travailleur un travail adapté ou une autre fonction au sein de l'entreprise. Il s'agit de l'article 34 de la loi relative aux contrats de travail du 3 juillet 1978, qui a été introduit en avril 2007. Au bout de huit ans, cet article n'a toutefois toujours pas été rendu obligatoire par AR.
Ne pas court-circuiter le médecin traitant
Les médecins de la Médecine pour le Peuple, qui ont examiné l’AR de manière critique en partant de l’intérêt des patients, estiment eux aussi qu’il n’est pas normal que la ministre De Block mette le médecin traitant hors jeu. C’est en effet le médecin traitant ou le médecin de famille qui connaît le mieux le patient sur le plan psychosocial et médical. Car il faut évidemment également tenir compte des conditions sociales et de travail. Une véritable réintégration requiert dès lors l’implication du médecin de famille ou du médecin traitant.
Violation du secret professionnel
Le premier paragraphe de l’AR De Block dispose qu’au « plus tard dans les deux mois », le médecin-conseil doit procéder à l’analyse de la « capacité résiduelle à travailler » du travailleur malade. « Pour certaines affections, c’est beaucoup trop tôt. Pour le cancer, le burn-out et certaines affections psychiques graves, il faut facilement 4 à 6 mois avant de pouvoir procéder à l’évaluation », affirme Dirk Van Duppen dans son article. Mais ce n’est pas tout. Selon l’AR, le médecin-conseil doit évaluer la capacité résiduelle du travailleur malade sans disposer des données médicales requises, sans concertation avec le médecin traitant, sans examen médical et psychosocial de l’intéressé.
 
Selon le président de la Médecine pour le peuple, cet AR viole le secret professionnel et est contraire au droit des patients et à la déontologie médicale. Le médecin-conseil doit évaluer la capacité résiduelle sans disposer des données médicales requises, sans concertation avec le médecin traitant, sans examen médical et psychosocial du patient, en se basant sur des pièces et documents. Il doit fournir cette analyse au bénéficiaire, au médecin traitant et à l’employeur. Ceci est contraire au secret professionnel.
Réintégration plus orientée patient
L’article plaide en faveur d’une réintégration davantage orientée sur le patient et de la promulgation d’arrêtés d’exécution incitant effectivement les employeurs à prévoir un travail adapté. On vise donc un travail adapté et non pas forcé,  en dialogue avec le travailleur malade et le médecin de confiance.
 
Enfin, l’article plaide en faveur d’une réflexion relative à des choix de société stratégiques. Au lieu de mettre un frein au crédit temps, à la pension anticipée et à la prépension, au lieu de forcer  les travailleurs souffrant d’une maladie de longue durée à reprendre le travail, nous pourrions évoluer vers une répartition du travail telle qu’elle existe par exemple à Göteborg. Une semaine de 30 heures qui, non seulement, permettrait de donner du travail à un plus grand nombre de personnes, mais qui pourrait également faire diminuer considérablement les facteurs de stress et la charge de travail.

La réforme instiguée par la ministre de la Santé Maggie De Block (VLD) en vue de stimuler la réintégration des travailleurs malades de longue durée prévoyait l’établissement d’un plan progressif, adapté (les horaires, le travail à domicile…), élaboré par l’employeur sous le contrôle du médecin du travail, visant à une sorte de retour en douceur sur le marché du travail après une absence de plus de trois mois.

Un an après son entrée en vigueur, la CSC a fourni au Soir les premières données permettant d’évaluer les effets concrets de cette réforme.

Au cours de la période couverte, du 1er  janvier au 30 juin 2017, 5.408 demandes de parcours de réintégration ont été introduites.

Pour plus de deux tiers des personnes concernées, « le médecin du travail a conclu que le malade de longue durée était définitivement inapte à exercer son ancien métier et qu’en outre, il n’était pas en mesure d’effectuer un travail adapté », commente la CSC.

L’existence d’un parcours d’intégration ne permettra donc pas à l’Etat de réaliser une économie budgétaire substantielle dans la Sécu. En revanche, les employeurs pourront, eux, en profiter, analyse la CSC, puisque « dans ce cas, et c’est nouveau, c’est un effet de la réforme, il peut être mis fin au contrat de travail immédiatement, sans préavis ni indemnité ».

http://www.msn.com/fr-be/actualite/national/parcours-de-r%c3%a9int%c3%a9gration-71percent-des-malades-de-longue-dur%c3%a9e-sont-inaptes-%c3%a0-retravailler/ar-AAsY9ek?li=BBqiQ9T&ocid=mailsignout

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Mayanne
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